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Iván Penalba se prépare pour la Badwater 135

par Paco Amorós

Nous avons parlé avec l’ultrafondiste Iván Penalba à quelques semaines d’affronter son grand défi de la saison : la Badwater 135. Cette course californienne extrêmement difficile est son grand objectif de la saison. En 2022, il a terminé deuxième pour sa première participation et il revient maintenant pour tenter de devenir le premier Espagnol à inscrire son nom au palmarès de la course la plus dure du monde.

Le 25 juin, Iván Penalba et Carmen Pérez prennent l’avion pour Las Vegas. Après 17 heures de vol, ils atterriront à l’aéroport McCarran de Las Vegas, où les attend Joaquín Candel, le chef du Team Iván Penalba.

Joaquín Candel est un Espagnol installé à Las Vegas, avec une grande connaissance de la Badwater 135, en particulier de toutes ses particularités administratives et logistiques-sportives.

Iván Penalba lors de sa première participation à la Badwater135 en 2022
Images de l’édition 2022, au cours de laquelle Iván Penalba a terminé à la deuxième place.

La ville de Las Vegas se dresse au milieu du désert de Mojave. Après une semaine d’acclimatation, avec des entraînements spécifiques dans des zones désertiques très similaires à celles de la Badwater, le 2 juillet, Iván Penalba et le reste des membres de l’équipe (Joaquín Candel, Carmen Pérez et l’ultrafondiste mexicain Ósacr Hernández) se rendront dans la petite localité de Lone Pine, en Californie.

Ce petit village d’environ 2 000 habitants, qui rappelle les bourgades du Far West (c’est pourquoi il a servi de décor réel à différents westerns), est niché près des montagnes de la Sierra Nevada, du parc national de Yosemite et de la Vallée de la Mort, l’endroit où, le 4 juillet, Iván Penalba affrontera pour la deuxième fois la Badwater 135.

Lone Pine est le centre opérationnel de la Badwater 135. C’est là que se déroulent les cérémonies d’accueil, le retrait des dossards, etc. Tous les coureurs et coureuses participants s’y retrouvent un ou deux jours avant le début de l’épreuve, dont la ligne de départ se situe à environ 200 kilomètres, dans le bassin de Badwater, au point le plus bas des États-Unis (à 85 m sous le niveau de la mer).

Iván Penalba : « À la Badwater, gagne celui qui prend les meilleures décisions d’hydratation et d’alimentation »

42K : À quelques semaines du grand défi de la Badwater, la préparation se passe-t-elle comme tu l’espérais ? Tout s’est-il déroulé comme prévu ?

Iván : La préparation se passe super bien, ce qui me rend très optimiste. C’est vrai qu’il a fallu faire quelques changements et ajustements en cours de route, mais c’est normal quand tu fais face à un défi aussi extrême, qui t’oblige à travailler de nombreux aspects différents (force physique, endurance, alimentation, acclimatation à la chaleur…) et avec plusieurs mois d’avance.

42K : La préparation a-t-elle été différente de celle que tu avais faite l’an dernier pour ta première participation ?

Iván : L’expérience d’avoir couru une première fois la Badwater est fondamentale pour savoir quels aspects tu dois entraîner de manière particulière. Tant que tu ne la vis pas toi-même, tu ne sais pas à quoi tu fais face. Peu importe ce qu’on te raconte, peu importe toutes les informations dont tu disposes… pour pouvoir prétendre gagner la Badwater, tu dois l’avoir connue, vécue et subie en première personne.

42K : Et as-tu introduit cette année des entraînements spécifiques ?

Iván : Oui. Je fais des entraînements plus spécifiques pour la chaleur et aussi pour les dénivelés très durs, en montée comme en descente, de la Badwater. Cette année, la chaleur est arrivée à Valence plus tard qu’en 2022, donc j’ai dû faire davantage de séances d’entraînement et de travail au sauna.

En plus de davantage de séances au sauna, j’ai beaucoup renforcé le travail de force pour arriver plus solide musculairement et pouvoir aborder plus facilement les montées très dures du parcours, ainsi que la descente brutale d’environ 20 kilomètres qui suit la première ascension.

(Sur l’ensemble du parcours de 217 kilomètres, il faut franchir trois ascensions, dont deux très difficiles, pour un dénivelé positif cumulé de 4 450 m ; le dénivelé négatif cumulé est de 1 859 m.)

Iván Penalba a accordé une attention particulière au travail de force.
Iván Penalba a accordé une attention particulière au travail de force.

 

42K : Avec combien de kilomètres d’entraînement spécifique arriveras-tu à la Badwater 2023 ?

Iván : Le volume kilométrique de préparation sera finalement similaire à celui de 2022, mais la différence, c’est que pour cette édition je travaille beaucoup plus le dénivelé. Au final, la moyenne sera entre 250 et 260 kilomètres par semaine. Je n’ai « flanché » qu’une semaine en mai à cause d’un virus qui m’a mis KO pendant plusieurs jours.

42K : Qu’est-ce qui a été et qui est le plus dur dans la préparation pour la Badwater ?

Iván : L’organisation de l’emploi du temps de chaque journée pour répondre à toutes les exigences de la préparation. Quand tu dois doubler l’entraînement sur une même journée, il faut savoir très bien ajuster l’alimentation et, surtout, les temps de repos, qui sont aussi une partie très importante de la préparation. Surtout dans la dernière ligne droite, à partir d’avril, l’exigence des entraînements a beaucoup augmenté. En ce moment, je m’entraîne de nombreuses heures et cela demande de bien mesurer la récupération des efforts avec l’alimentation et avec des temps de repos adaptés.

Plus d’entraînements au sauna et plus de travail de force

42K : Beaucoup de gens sont surpris par les entraînements au sauna. Explique quel est l’objectif de ce type d’entraînement.

Iván : L’entraînement au sauna sert à simuler au maximum les conditions de chaleur que nous allons rencontrer là-bas. Il est impossible de s’entraîner quelque part en Espagne dans des conditions similaires à celles de la Vallée de la Mort, donc la seule option, c’est de s’entraîner au sauna.

C’est vrai que le sauna est généralement à une température plus élevée, mais la sensation de sécheresse et les difficultés à respirer sont très similaires. L’adaptation à la chaleur extrême est fondamentale pour pouvoir affronter une course comme la Badwater ; la chaleur est l’ennemi principal, plus encore que la distance ou que la dureté des ascensions et de la descente brutale de plus de 20 kilomètres. Aller à la Badwater sans un travail préalable d’acclimatation à la chaleur extrême, c’est de la folie. Si, une fois sur place, tu commences à douter, il est impossible d’avoir la moindre chance d’atteindre l’arrivée.

Iván Penalba a utilisé le sauna pour travailler l’acclimatation à la chaleur.
Iván Penalba et Carmen Pérez ont réalisé de nombreux entraînements au sauna pour habituer le corps à la chaleur.

 

42K : Et qu’est-ce que tu fais exactement, d’habitude, au sauna ?

Iván : Les premières minutes sont consacrées à l’acclimatation : j’entre et je reste assis pour que le corps et la respiration s’adaptent à la température de plus de 60 degrés. Ensuite, je fais des exercices de mobilité et, pour finir, un exercice modéré avec une plateforme de step réglable en hauteur. Ce que je travaille aussi beaucoup au sauna, c’est l’hydratation et l’alimentation, qui sont l’un des aspects les plus importants à la Badwater. Le corps n’assimile pas de la même façon la boisson et la nourriture à des températures aussi élevées, donc c’est une partie indispensable de la préparation.

Sur une course de 217 kilomètres, si tu fais des erreurs d’hydratation et d’alimentation, il est presque impossible de terminer ; alors imagine à la Badwater, avec la déshydratation qui se produit simplement en restant immobile.

Iván Penalba a aussi travaillé au sauna l’hydratation et l’alimentation.
Lors des séances de sauna, Iván Penalba a aussi travaillé l’hydratation et l’alimentation.

 

42K : Après l’expérience de l’an dernier, quels changements prévois-tu d’introduire avant et pendant la course ?

Iván : Le principal changement sera comment et où je vais passer les heures précédant le départ de l’épreuve, qui est à 23h. L’an dernier, nous étions logés à environ 200 kilomètres et nous sommes allés directement au départ, ce qui implique une certaine tension à cause du déplacement de presque 3 heures en voiture. Cette année, nous avons trouvé un petit hébergement très proche du départ, pour passer la journée plus tranquillement et pouvoir bien manger et bien se reposer. Les jours précédant la course, je ferai des entraînements d’acclimatation très similaires à ceux de l’an dernier dans des zones désertiques proches de Las Vegas, où vit le chef d’équipe, Joaquín Candel.

Pendant la course, je vais introduire quelques changements dans la nutrition afin d’avoir plus d’énergie, surtout pour faire face aux ascensions exigeantes.

42K : Penses-tu que l’intérêt des médias et du grand public est plus important après ta deuxième place en 2022 ?

Iván : Oui. Je suis très reconnaissant de l’intérêt que me montrent les médias de la Communauté valencienne, ainsi que ceux au niveau national. Il est évident que ma deuxième place en 2022 a fait que différents médias spécialisés en running et en ultrafond me suivent de très près, ce qui est au final très positif, car cela me donne une visibilité qui est très importante pour moi, afin de pouvoir à mon tour donner de la visibilité à mes sponsors.

Iván Penalba s’est fixé pour objectif de conquérir l’enfer.

 

Ishikawa et Lewis, les deux grands rivaux d’Iván Penalba en 2023

42K : Qui sera ou qui seront tes grands rivaux dans l’épreuve ?

Iván : Les deux coureurs qui sont montés sur le podium avec moi en 2022 : Yoshihiko Ishikawa (1er) et Harvey Lewis (3e). Le Japonais est, sans aucun doute, le rival à battre. C’est un coureur très expérimenté, qui a gagné la course plusieurs fois et qui détient le record de temps (2019, 21h33’01” en courant à 5’57”/km). L’Américain, Lewis, est aussi un rival avec une longue expérience, qui a également remporté la victoire à la Badwater à deux reprises et a terminé autant de fois sur le podium. C’est un expert de l’ultradistance, l’un des meilleurs Américains de l’histoire, et il connaît la course comme peu de gens.

Ensuite, il y a un groupe de 4 ou 5 coureurs très solides, avec la capacité de viser le podium.

Au final, nous serons 8 ou 9 coureurs à être en lutte pour le podium. Par expérience et par niveau en tant qu’ultrafondistes, nous sommes tous très proches, mais dans cette course, énormément de choses entrent en jeu, au-delà d’une bonne préparation et du fait d’être de bons coureurs de longue distance. La moindre erreur d’hydratation ou d’alimentation peut te mettre KO. Dans une épreuve comme la Badwater, ce n’est pas le plus fort qui gagne, mais celui qui prend les meilleures décisions en matière d’hydratation et d’alimentation ; autrement dit, celui qui ne fait pas d’erreurs est celui qui a le plus de chances de gagner.

 

Si tu veux mieux comprendre en quoi consiste la Badwater, le grand défi d’Iván Penalba en 2023, tu peux lire cet autre article de notre blog : Iván Penalba veut conquérir la Badwater 135.

Paco Amorós Responsable de la communication de 42K

Texte pour 42K de :

Paco Amorós

Responsable de la communication de 42K

Diplômé en journalisme de l'Universidad CEU Cardenal Herrera et titulaire d'un master en marketing digital. Responsable de la communication de 42K.

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